Compagnie Transverse




CRÉATION 2018 - PÉRINÉE MON AMOUR

Périnée mon amour est une conférence dansée, drôle, légère et profonde. 

Deux conférencières, exploratrices et chercheuses, y tournent autour du pot et s’aventurent dans le fascinant et mystérieux labyrinthe de nos cavernes intérieures.


L'ÉQUIPE

Chorégraphe Ingrid Bizaguet
Interprètes Marguerite Chaigne et Ingrid Bizaguet
Voix Pauline Higgins (Sage-femme)
Illustrations Cyrielle Lefebvre (Architecte)
Photos Philippe Forestier
Captations vidéos Sarah Labagnères-Attisso et Louis Roux
DAKOS FILMS


LES MOTS DE PAULINE HIGGINS, SAGE-FEMME ET REGARD EXTÉRIEUR  POUR LA PIÈCE


"Autour 
Faire évacuer 

L'étymologie du mot périnée se décompose ainsi. Le mot est prononcé. Ses origines aussi. Quelque chose commence à s'exposer. 

Deux corps féminins qui interrogent ce mot.
Mot masculin qui se termine comme un mot féminin. 
Mot médical qui néanmoins recèle du tabou, de l'insu et qui reste de l'ordre de l'intime, que nous partageons sans le savoir avec les mammifères. Hommes et femmes.
Mot-siège de secrets, de non-dits, d'empreintes, d'héritages. 
Mot-partie du corps enfouie. Mot associé à la femme. 
Mot qui apparaît autour d'une naissance et qui lui même se charge, alors. Et cette partie du corps, qui d'absente, hors-scène, devient présente, nommée, vivante, en mouvement conscient. 
Ici, l'intime s'offre une danse publique. 
Ici les maux se disent par les corps qui se font face, se meuvent, émeuvent et se font écho. 
Ici se rejoue quelque chose de la représentation des sexes, et notamment celui de la femme: corps féminins et ses artifices, corps sombres, corps tremblants, corps hystériques, sexe fendu et qui se défend. Sexe tendu. Lèvres habituellement inaudibles. Cavités et cloaques entrent en scène. D'un bout à l'autre. 

Elles nous disent quelque chose, nous racontent une histoire, tournent autour. Se font cycles, se font écho des animaux : singes, cerfs, élans ou vaches africaines. Présences majestueuses des corps, des organes, des muscles, des tissus. Elles se font contenants, ressacs."





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Ilustration Cyrielle Lefebvre


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GÉNÈSE DU PROJET

«  Naissance de mon premier enfant; Je découvre tout ce qui est caché, non-dit, non formulé, ce qui n’est décrit par aucun mot. Ce qui est secret, personnel ou enfoui, ce qui n’appartient qu’à ceux qui savent, ce qu’on ne m’autorise pas à juger ou remettre en question, ce que je dois accepter, ce que les femmes acceptent depuis toujours et que l’on ne rencontre que par l’expérience.

Je suis danseuse, diplômée d’état en danse contemporaine, licenciée en sociologie et anthropologie, formée à l’art-thérapie et à la méthode De Gasquet.

Et pourtant, je ne pense pas avoir été guidée sur le chemin de la connaissance de soi. Peut-être n’ai-je pas eu la chance de croiser celles et ceux qui peuvent transmettre ce savoir ou peut-être n’ai-je pas pu entendre ce qui était murmuré autour de moi.

Sexe, sang, plaisir Les tabous sont-ils si puissants qu’ils m’empêchent de concevoir l’existence même d’une partie de mon propre corps ?
Et j’ai la sensation terrible que l’on me maintient dans une sorte d’obscurité, que tout est fait pour ne pas trop ébruiter la chose, que le savoir ne doit pas être partagé.
Je pars d’abord seule à la (re)conquête de cet espace de tissus qui constitue notre fond, notre essence. Puis je décide que cette quête prendra la forme d’une pièce, persuadée qu’il est possible d’évoquer l’existence d’organes, muscles et mécanismes, simples et fondamentaux, tout en restant légers et poétiques. Je souhaite parler d’anatomie avec élégance et subtilité, faire de ce lieu du corps un espace beau et noble.
Et pour que le projet remplisse sa mission de vulgarisation de l’anatomie et de la physiologie du corps, il s’appuiera sur des illustrations réalisées avec une architecte, des écrits (poèmes anatomiques, témoignages), des entretiens avec une sage-femme,  un petit fascicule rigolo qui accompagne la pièce, ainsi que sur des ateliers de pratique et des temps d’échange. »

Ingrid Bizaguet