48 heures en immersion dans le monde de la pelvi-périnéologie

Le 23 mars dernier je suis invitée à dispenser deux ateliers Danse&Périnée au 7ème congrès de la SIREPP à la Cité Internationale de Lyon. Je suis donc l'ensemble du congrès.

J'y apprends que le désir de grossesse n'est pas toujours lié au désir d'enfant. Il y est question d'accouchement, de rééducation, d'hyper pressions abdominales, d'incontinence, de prolapsus, de perle de rééducation (?), de sexualité pendant le grossesse... Je comprends mieux ce que devenir mère tout en restant femme implique. 

Reprenons depuis le début : La statique pelvienne (configuration normale de l'anatomie du petit bassin et du périnée) résulte d'un équilibre entre l'organisation du rachis (colonne vertébrale) et les réflexes périnéaux. Comment donc acquérir de bons réflexes périnéaux et les retrouver après l'accouchement ?

Avant 1970, le travail abdominal était dissocié du travail périnéal, depuis nous avons compris l'intérêt d'une rééducation globale. Il est aussi mentionné par tous la nécessité de poursuivre une activité physique pendant la grossesse. Mais quelle activité ? Qu'est-ce exactement qu'une activité physique ? Il parait facile d'en proposer, mais laquelle, dans quelle mesure, jusqu'à quand au cours de la grossesse ? Ces questions restent en suspend...

Je comprends donc la place qu'occupe la pratique que je propose aux futures mamans et son intérêt dans le déroulement optimal de la grossesse : prise de conscience de l'anatomie, des mouvements du bassin, des mouvements du périnée, écoute de soi, de ses sensations corporelles... Il me semble que c'est donc aux professionnels du sport, de la forme et du mouvement d'adapter leur pratique à la grossesse et au post-partum, et peut-être pas au corps médical de proposer cette activité physique adaptée et recommandée.

Le professeur Roland Leclerc, ancien kinésithérapeute de la maternité des Lilas à Paris, insiste fortement sur l'importance de dire aux femmes ce qui va se passer dans le bassin pendant l'accouchement, ainsi que sur le fait qu'une bonne rééducation débute par une éducation du périnée ! J'adore cet homme ! Il n'a de cesse de relier la femme, son ventre, son accouchement, à la culture dans laquelle elle baigne. L'accouchement n'est pas un phénomène mécanique, il parle de bouleversement corporel et émotionnel. 
> Liens vers ses ouvrages : La kinésithérapie périnéale. Préparer et retrouver son corps de femme / Regarde-moi)

Dans un tout autre registre, il parait ultra important de lutter contre la constipation pendant la grossesse ! Adopter une bonne position aux toilettes, ne jamais pousser et faire un petit effort diététique soulagerait beaucoup ces troubles. D'autre part, 45% des femmes enceintes disent ressentir des douleurs lombaires. Et l'exercice physique, encore lui, réduirait considérablement ces maux, en repositionnant correctement le bassin, en travaillant la respiration et en renforçant la compétence du muscle transverse ! Là encore, j'entends les mots : éducation, prévention, conseil. Je suis aux anges...

La pratique physique pendant la grossesse a deux objectifs : le bien-être de la mère et de l'enfant. Et elle permettrait :
- de minimiser la prise de poids
- de diminuer le diabète gestationnel
- de diminuer les douleurs lombaires
- de diminuer la sensation de fatigue
- d'abaisser de 20% la dépression du post-partum
- de diminuer la durée de l'accouchement (Etude http://www.ejog.org/article/S0301-2115(18)30096-4/abstract)
- d'améliorer la fréquence cardiaque
C'est super ! C'est merveilleux et magique !

En réalité, les douleurs sont fréquentes. Et aucunes d'entre elles ne devraient être négligées. La gynécologue obstétricienne Martine Grimaldi nous parle de l'importance de ne pas tomber dans le chronicité, de prendre en charge la personne dans sa globalité.
Lien vers son ouvrage : Le périnée féminin douloureux

J'en conclus que parler du périnée est une urgence, pendant la grossesse et en dehors également. La culture dans laquelle nous baignons nous autorise ou non à en parler et c'est donc trop souvent aux spécialistes de nous ouvrir les yeux, ce qui est parfois fait avec un langage technique, médical, chirurgical et cru. Et si la danse était une parenthèse pour parler du corps dans sa globalité, pour oser poser des mots sur ce que nous sommes, ce que nous vivons et ce que nous sentons.

Danser c'est se grandir, c'est respirer, c'est écouter ce qui se passe en nous... N'est-ce pas les conditions d'une bonne rééducation ?